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Les noms des routes de la forêt.

La forêt de Fontainebleau comporte de très nombreux chemins, appelés « routes », on en compte plusieurs centaines. Le mot route est un mot sorti de la forêt, c'est un dérivé du verbe latin rumpere qui signifie effectuer une trouée dans la forêt, aussi bien pour créer une route (via rupta) que pour aménager une aire cultivée. Route, rue, routier, routine, roture et roturier ont la même racine. Roturier désignait à l’origine celui auquel était concédé contre redevance un lot de défrichement (ruptura en latin d’où « roture » en français) et a fini par désigner tout homme assujetti aux redevances seigneuriales, donc, tout non noble.

Presque toutes les routes de la forêt portent un nom qui est inscrit sur une plaque en tôle, la plupart du temps clouée à un arbre, ces noms ont été attribués au cours des siècles. Au moyen-âge, il n’existait que peu de routes qui traversaient la forêt. La principale était la route de Bourgogne, ancienne voie romaine qui longe la Seine. Cette route fut emprunté en 52 av. J.-C. par Titus Labienus, un général de César. Labienus et ses 4 légions, (plus de 20 000 hommes), marchaient contre les Parisii en révolte et mirent le siège à Lutèce. La bataille fut gagné par les Romains, le chef gaulois Camulogène périt les armes à la main face à la septième légion.

Le chemin vers Bourron et son château, dessin d'Antoine-Louis Goblain.

Outre l’ancienne voie romaine, une autres voie de communication importante traversait la forêt, la route de Melun à Orléans. Sur le trajet de celle-ci, vers les Monts Saint-Pères, on retrouva en 1823 divers pièces de monnaies romaines dont une de Trajan, ainsi que des fragments d’amphores, des débris de tuiles et de briques, restes d’une construction gallo-romaine. La présence de cet établissement démontre l’ancienneté de cette route qui constituait au moyen-âge une artère importante de la forêt. C’est sur son parcours que fut élevée en 1300 la Croix Tapereau, la plus ancienne de la forêt, qui porte aujourd'hui le nom de Belle Croix.

La reine Marie-Thérèse d'Autriche se rendant au château de Fontainebleau.
Gravure d'après un dessin d'Adam François van der Meulen.

De nombreux chemins reliaient entre eux les villages limitrophes de la forêt. Dès 1169, il est fait mention d’un chemin de Grez à Samois, puis en 1302 d’un chemin de Melun à Reclose. Bourron était relié à Thomery, Villiers-sous-Grès à Avon, etc... 
Henri IV fit ouvrir la route Ronde, elle permettait à la cour de suivre la chasse du roi. Louis XIV poursuivit les travaux de son grand-père et fit tracer de nombreuses routes de chasse sur environ 600 km. Il entreprit aussi d’élargir et faire paver l’ancien chemin de Chailly à Fontainebleau qui deviendra, bien plus tard, la route Nationale 7. Au tout début du règne de Louis XV, durant la régence, Monsieur de La Faluère, grand maître des Eaux et Forêts de l’Île-de-France, procéda à la première délimitation précise des cantons de la forêt. À cette occasion, il leur attribua des noms qui étaient souvent les noms anciens, ainsi officialisés.

Lettres patentes concernant de nouvelles routes à faire dans la forêt de Fontainebleau.
Données à Marly le 5 février 1725.

Louis XV était un chasseur invétéré, par lettres patentes du 16 mars 1721, il ordonna des nouvelles plantations et l'ouverture de plusieurs routes pour la chasse. Le roi était alors bien jeune et c'est sans doute le comte de Toulouse, Grand Veneur, qui prit ces décisions. En 1725, le roi alors âgé de 15 ans, passe 65 jours à Fontainebleau, principalement à chasser, il ordonna l'ouverture d'une soixantaine de routes. Plus tard, c'est le grand maître des Eaux et Forêts Louis-François Duvaucel qui supervisa l'ouverture de nouvelles routes. Il dépensa d’importantes sommes en rachat d’enclaves, en pavage et embellissements de ces nouveaux chemins. Duvaucel, qui resta en charge de 1745 à sa mort en 1783, finit ruiné. Ces routes sont restées longtemps sans dénomination, l'usage en était interdit en dehors du temps de la chasse, elles étaient coupées par des barrières fermées à clef. Jusqu’à l’année 1729, les noms des rues de la ville de Fontainebleau et ceux des routes de la forêt, n’étaient inscrits que dans la mémoires des habitants. C’est cette année qu’il fut décidé de placer aux angles des rues de la ville et des routes de la forêt des écriteaux indiquant leurs noms.

Une route en forêt de Fontainebleau, 1764. Gravure de Jean Jacques de Boissieu.

Jusqu’en 1835, très peu de routes et carrefours forestier avaient des noms. Afin de faciliter le travail des forestiers et pour aider les premiers touristes, le conservateur des forêts de la liste civile du roi, Monsieur le baron de Sahune, demande de combler cette lacune. Ainsi, plus 800 nouveaux noms furent attribués et peints sur des panneaux.

Les noms des routes de la forêt étaient peints sur des panneaux en bois, à partir de 1862 il furent progressivement remplacés par des panneaux en tôle. De 1899 à 1900, l’administration forestière décida de repeindre la plupart des panneaux. Cette longue entreprise fut en partie financée par l’Association du Touring Club de France. En remerciement, on décida de donner le nom de Carrefour du Touring Club au croisement de la Route Ronde et de la Route de Fleury, actuelle D409. C’est à la même époque que l’on décida de ne plus remplacer les poteaux blancs qui portaient des panneaux. Dorénavant tous les panneaux seront cloués aux arbres.

 Plaine de la Sermaise, parcelle 307.

Le promeneur de la forêt de Fontainebleau découvre un étrange inventaire qui semble bien mystérieux. Un recueil de noms propres, de noms d’animaux, de termes liés à la chasse, au travail de forestier, de noms qui rappellent un fait divers ou un épisode historique. Certains noms gardent une origine inconnue, on ignore par exemple qui pouvait être Amédé, dont la route traverse les Gorges de Franchard. Ces centaines de noms sont comme une étrange anthologie, un florilège de dénominations dont l’amateur d’histoire pourra découvrir l’explication dans l’excellent ouvrage d’Alain Monnier, publié en 2010 et intitulé « Guide des noms de la forêt de Fontainebleau » aux Éditions de la Route Ronde, disponible ici. 

Environ trois cents noms désignent des personnes, de l’Abbé Guenée jusqu’à Zamet, en suivant un ordre alphabétique. Cela représente une grande galerie de personnage divers. Pour commencer cette évocation, voici la famille des Orléans, qui régna de 1830 à 1848.


Dernier roi ayant régné en France avec le titre de Roi des Français, Louis-Philippe d’Orléans est né en 1773 à Paris, au Palais Royal, la demeure familiale. Il est le fils de Louis Philippe Joseph d'Orléans (1747-1793), connu sous le nom de Philippe Égalité et de Louise Marie Adélaïde de Bourbon (1753-1821). Comme son père, il est un partisan de la Révolution française. En 1791, il prend le commandement d'un régiment avec le grade de Colonel et participe aux batailles de Valmy et de Jemappes. Il tente de persuader son père de ne pas participer au procès de Louis XVI. Philippe Égalité vote cependant la mort du roi avant d’être lui-même exécuté le 6 novembre 1793. Durant la Terreur, il rejoint la Belgique et commence une errance à travers l'Europe qui le mènera jusqu'en Laponie.


En 1796, Louis-Philippe voyage dans la jeune république américaine et s'installe à Cuba. Il retourne en Angleterre, avec ses deux frères, au début de 1800. C'est lors d'un voyage en Sicile, en 1809, qu'il épouse Amélie de Bourbon, le couple s'installe à Palerme. Ce n'est qu'après la chute de Napoléon qu'il rentre en France. Sous la Restauration et les règnes de Louis XVIII et de Charles X, la popularité de Louis-Philippe grandit. Il incarne une opposition mesurée à la politique des ultras du royalisme et ne rejette pas l'intégralité de la Révolution française. Louis-Philippe prend garde à se conduire modestement et bourgeoisement. Grâce à Charles X, il est le plus grand des indemnisés de la loi dite du milliard aux émigrés de 1825.

Louis-Philippe, roi des Français, prêtant serment de maintenir la Charte de 1830. 
Attribué à François Gérard, 1831, musée Louis-Philippe, Eu.

En 1830, la révolution des Trois Glorieuses le porte sur le trône de France au grand dam des républicains. Louis-Philippe se fait proclamer roi des Français (et non roi de France qui l'aurait fait Philippe VII) par la Chambre des députés, par la grâce d'une charte valant constitution. Ce nouveau titre, déjà porté par Louis XVI de 1789 à 1792, est une innovation constitutionnelle liant la nouvelle monarchie populaire au peuple. Cette arrivée au pouvoir à la faveur d’un soulèvement populaire vaut à Louis-Philippe l’hostilité des cours européennes et le surnom de roi des barricades ou encore roi bourgeois. Le début de son règne est marqué par une violente répression contre les républicains, ce qui vaudra à Claude-François Denecourt sa mutation à Fontainebleau, en janvier 1832 et son renvoi du poste de concierge du grand quartier de cavalerie trois mois après sa prise de fonction. Quelques années plus tard, le 30 mai 1837, le roi marie son fils, le dauphin Ferdinand-Philippe, avec Hélène de Mecklembourg-Schwerin. La cérémonie a lieu au château de Fontainebleau.

L’accueil de la princesse par le roi au haut de l’escalier en fer à cheval.
Peinture de Jean-Charles Develly sur le meuble commémoratif du mariage du duc d'Orléans. 
Galerie des Assiettes, château de Fontainebleau.

Dix-huit ans après son accession au trône, Louis-Philippe abdique le 24 février 1848, suite à la campagne des Banquets, qui amène le peuple à une nouvelle révolution. Craignant de subir le même sort que Louis XVI, il se déguise et quitte Paris. Voyageant dans une voiture banale sous le nom de Mr. Smith, le roi déchu embarque au Havre en direction de l'Angleterre où il s'installe avec sa famille au château de Claremont. Louis-Philippe meurt le 26 août 1850, dans son lieu d'exil.

Louis-Philippe en 1842, daguerréotype de Jean Claudet et Noël Lerebours.

Carrefour et Route d'Amélie.



Louise-Marie-Amélie de Bourbon-Siciles, princesse des Deux-Siciles (1782-1866). Marie-Amélie est la sixième fille du roi Ferdinand Ier des Deux-Siciles et de la reine Marie-Caroline, la sœur ainée de Marie-Antoinette. Le 25 novembre 1809, à Palerme, elle épouse Louis Philippe d'Orléans. Le couple aura dix enfants dont deux mourront avant l'âge de dix ans. Lorsque Louis Philippe devient roi, on raconte qu’à l’annonce de cet évenement, Marie-Amélie aurait dit en larmes : « Quelle catastrophe ! ». Après la révolution de 1848, elle s'exile avec son mari en Angleterre. Elle survit seize ans à Louis-Philippe et s’éteint à l’âge de 83 ans. Un chêne porte son nom sur le sentier Denecourt n°2, voir ici.

La Reine Marie-Amélie par Louis Hersent, Chantilly, musée Condé.


Henri d'Orléans, duc d'Aumale (1822-1897), cinquième et avant-dernier fils de Louis-Philippe. A huit ans, il hérite de la très grande fortune de son parrain, le dernier prince de Condé. Militaire, il participe à la colonisation de l’Algérie et se bat sur le front de plusieurs batailles, avec Mac Mahon, de 1837 à 1847. La prise de la smala d'Abd El Kader par le duc d'Aumale le 16 mai 1843 est un épisode important de la conquête. La Révolution de 1848 renverse son père et le forçe à l’exil, il sera réintégré dans l’armée en 1872 avec le grade de général. En 1873 il préside le conseil de guerre qui juge le maréchal Bazaine qui avait capitulé face à l’armée allemande pendant la guerre de 1870. Bazaine déclarera pous sa défense : « Je n'avais plus de gouvernement, je n'étais dirigé par personne, je n'étais plus dirigé que par ma conscience... », alors le Henri de lui répondre : « La France existait toujours. »

 Henri d'Orléans, Duc D’Aumale, 1843. 
Atelier de Franz Xaver Winterhalter.

« Le duc d'Aumale, il n'y a qu'un mot pour le décrire : c'est le type du vieux colonel de cavalerie légère. Il en a l'élégance svelte, l'apparence ravagée, la barbiche grisâtre, la calvitie, la voix brisée par le commandement » Edmond et Jules de Goncourt, Journal, 1874.



Adélaïde d'Orléans (1777-1847) est une des sœurs de Louis-Philippe. En décembre 1792, à 14 ans, elle fuit la France pour se réfugier en Belgique. C'est le début d'un long exil. En 1808, elle retrouve son frêre Louis-Philippe en Angleterre, ils seront désormais inséparables. Elle rentrera en France en 1815 après la chute de Napoléon. Elle joue un rôle important durant le règne de son frêre qui l'écoute et suit ses conseils. Victor Hugo dira à son sujet « C’était une femme intelligente et de bon conseils, qui abondait dans le sens du roi sans jamais verser. Madame Adélaïde avait quelque chose de viril et de cordial, avec beaucoup de finesse… Elle avait partagé l'exil du roi, elle partageait un peu son trône. Elle vivait dévoué à son frère, absorbé en lui, ayant pour égoïsme le moi de Louis-Philippe ». Elle meurt le 31 décembre 1847, à l'âge de 77 ans. Elle ne se mariera jamais et n'eu pas d'enfant. Louis Philippe, qui accompagne le cercueil de sa sœur, en ce début du mois de janvier 1848, ne se doute pas que c'est la dernière année de son règne. Adélaïde ne verra pas la chute de son frêre, grâce à la révolution du 24 février 1848, qui mit fin à la royauté en France.

Adélaïde d'Orléans, vers 1820, copie partielle d'un tableau de François Gérard.
L'original situé aux Tuileries, fut détruit en 1848, à la chute de la monarchie de Juillet.


Le 14 mai 1847, Claude-François Denecourt conduit à Franchard la duchesse Hélène d’Orléans, avec ses deux fils, Philippe et Robert agés de 9 et 7 ans. Hélène est veuve depuis cinq ans, elle était l'épouse de Ferdinand-Philippe d'Orléans, le fils aîné de Louis-Philippe Ier. Le dauphin est mort dans un accident de calèche en 1842. Denecourt fait découvrir à la duchesse les merveilles de son sentier qu’il rebaptise pour l’occasion : « Le sentier de la Veuve ». Le lendemain, il fait visiter à Hélène et ses enfants, le sentier du Mont Ussy. Denecourt baptise un charme du nom de la princesse au pied duquel elle s’est reposée, assise sur un rocher. Dans son guide, le sylvain écrit : « Nous aimons à évoquer ce pieux souvenir d’une princesse dont l’existence fut si cruellement éprouvée, et qui a daigné encourager par le don d’un magnifique présent, et, mieux encore, par de bonnes paroles, le culte que nous avons voué à notre chère forêt, et la mission que nous nous plaisons à remplir pour en célébrer les beautés ». Née en 1814, Hélène est la fille de Frédéric-Louis, prince héritier du grand-duché de Mecklembourg-Schwerin, l'un des États constitutifs de la Confédération allemande, sa mère est la princesse Caroline de Saxe-Weimar-Eisenach. Lors de la révolution de février 1848,  après que le roi se soit enfuit, elle part courageusement à l’Assemblée nationale avec ses deux enfants pour faire proclamer l’aîné roi des Français. Mais sa tentative est un échec et l'assemblée proclame la République. Hélène gagne alors l'Allemagne et commence une longue période d'errance. Pendant la seconde République et les débuts du Second Empire, elle continue à réclamer les droits du jeune comte de Paris. Elle meurt en 1858 en Angleterre.

La duchesse d'Orléans, veuve et en exil (1850), 
par Heinrich Pommerencke, collection privée.


La princesse Marie d'Orléans (1813-1839) est la deuxième fille de Louis-Philippe Ier et de sa femme Marie-Amélie. Élève du peintre Ary Scheffer, la princesse Marie est douée d'un talent artistique reconnu qui l'impose comme la première femme sculpteur romantique française, prématurément disparue avant d'avoir atteint ses vingt six ans. Elle est l'auteur des dessins des vitraux de la chapelle Saint-Saturnin au château de Fontainebleau.

Portrait de Marie d'Orléans par Ary Scheffer, 1837, Musée Condé.

Ferdinand-Philippe d’Orléans (1810-1842) est le fils aîné de Louis-Philippe Ier et de Marie-Amélie. Son mariage avec la princesse Hélène de Mecklembourg-Schwerin est célébré le 30 mai 1837 au château de Fontainebleau. Le dauphin meurt le 13 juillet 1842, à la suite d'un accident de voiture à cheval. Sa mort est une catastrophe pour la monarchie de Juillet. Charles de Rémusat, dans ses Mémoires de ma vie, écrivit : « Je ne suis point fataliste et ne veux pas dire qu’à dater du 13 juillet 1842, la monarchie fut irrévocablement condamnée, mais je dis que sans ce jour fatal, elle n’aurait point péri. »

Ferdinand-Philippe d’Orléans par Ingres, 1832, Musée du Louvre.

François Ferdinand d’Orléans, prince de Joinville, est le troisième fils et septième enfant de Louis-Philippe. Il n'a pas encore 12 ans quand son père, après les Trois Glorieuses, devient Roi des Français. À l'âge de 13 ans, il commence son apprentissage dans la marine militaire. Il s'embarque à Toulon, au mois de mai 1831, comme aspirant sur la frégate l'Arthémise. Suivent plusieurs années de voyage à travers le monde et l’Empire français. En 1838 il reçoit le commandement de La Créole, corvette de 24 canons, et s’embarque vers les côtes du Mexique. Il participe au blocus naval du port de Veracruz et prend part à la bataille San Juan de Ulúa. 
 
Le prince de Joinville observant le bombardement de Saint-Jean d'Uloa 
depuis l'arrière de son navire. Horace Vernet, 1841, Château de Versailles.

À son retour, son père le roi le décore de la Légion d'honneur et l'élève au grade de capitaine de vaisseau. En 1840, il participe au transfert en France de la dépouille de l'empereur Napoléon Ier. En 1841, il navigue vers le Brésil dans le but de demander en mariage la princesse Dona, fille de l'empereur Don Pedro Ier, il l’épouse à Rio de Janeiro en 1843. Devenu contre-amiral, il se passionne pour les nouvelles technologies et prend la tête de la commission chargée d'étudier l'organisation d'une marine à vapeur. En 1844, il participe à la guerre franco-marocaine et bombarde le port de Tanger. Lorsqu'éclate la révolution de février 1848, le prince de Joinville se trouve à Alger, avec son frère le duc d'Aumale. Les deux fils de Louis-Philippe s'embarquent pour le Royaume-Uni où ils rejoignent leurs parents en exil. Joinville s’embarque en 1861 pour les États-Unis et participe à la guerre de Sécession dans les rangs nordistes. Revenu en France pendant la guerre de 1870, il est élu député aux élections de 1871. Réintégré dans son grade, il est à nouveau exclu de la Marine par la loi de 1886. Le prince de Joinville meurt à Paris le 16 juin 1900. 

Portrait par Franz Xaver Winterhalter, 1843, Château de Versailles.

Le prince de Joinville perdait beaucoup au jeu. Il avait recours aux services du crédit municipal. Un jour, s’apercevant qu’il ne portait plus la montre à gousset qu’elle lui avait offerte, la Reine Marie-Amélie lui demanda ce qu’il en avait fait.  Pris de court, Joinville répondit qu’il l’avait oublié chez sa tante Adélaïde. La Reine  donna immédiatement l’ordre d’aller chercher la montre de son fils chez sa belle soeur. On ne l’y trouva évidemment pas et le prince, non sans embarras, se vit contraint d’avouer la vérité. La cour fit gorges chaudes de cette anecdote et l'expression « ma tante » resta pour qualifier le mont-de-piété.

Marie Clémentine d’Orléans, également connue sous le titre de mademoiselle de Beaujolais (1817-1907), dernière fille de Louis-Philippe Ier et de Marie-Amélie. En 1843 elle épouse le prince Auguste de Saxe-Cobourg-Kohary dont elle aura 5 enfants. La princesse Clémentine est une femme d’une grande beauté, brillante et très ambitieuse. Elle considère son mariage comme indigne de son rang. En 1848, la révolution oblige la princesse à quitter la France avec son père et la plupart des membres de la famille royale. Elle s’installe d’abord en Angleterre puis part vivre à Cobourg et enfin à Vienne, où son mari est officier. Réalisant qu’elle ne sera jamais reine, elle concentre ses efforts dans le mariage de ses enfants. Elle réussit à mettre sur le trône de Bulgarie son fils Ferdinand en 1887. Très riche, Clémentine gagne la popularité des bulgares en leur distribuant son argent. Elle réalise une donation qui permet la construction d’une voie ferrée reliant la Bulgarie au réseau européen. Clémentine meurt presque sourde à Vienne, en 1907, à l’âge de 89 ans. Elle est enterrée à Cobourg en Bavière, une surprenante inscription est placée sur sa tombe : « Fille de roi, pas devenue reine, mais mère de roi à présent ».

Marie Clémentine d’Orléans vers 1860. 

Comme son père, Louis-Philippe, devenu duc de Chartres en 1785, est un partisan de la Révolution française. Sous l'influence de sa gouvernante, Madame de Genlis, il entre au club des Jacobins. Entamant une carrière militaire, il prend le commandement en juin 1791 d'un régiment avec le grade de colonel et participe aux batailles de Valmy et Jemappes où il joue un rôle non négligeable. Son nom est inscrit sur l’arc de triomphe de l'Étoile.

Le duc de Chartres à Valmy, par Éloi Firmin Féron, 1848.

Sur ce tableau, le futur roi Louis-Philippe est debout, en uniforme de colonel de cavalerie, devant le maréchal de Rochambeau, près du moulin de Saint-Sauve, le 20 septembre 1792. Avec son frêre, le duc de Montpensier, qui est à cheval, ils rendent compte du déroulement de la bataille.



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Point de vue Nelly Roussel, Gorges d’Apremont.

En 1936, le Syndicat d’initiative de Fontainebleau propose d’associer le nom de Nelly Roussel à un lieu de la forêt, un point de vue sur le sentier des Gorges d’Apremont est alors choisi. Aujourd’hui, ce point de vue a quasiment disparu, l’étoile bleue qui le désigne s’efface et ne sera bientôt plus qu’un souvenir. Pourtant, il y a bien des raisons de se souvenir de cette féministe engagée, poète et amoureuse de la forêt de Fontainebleau.



Nelly Roussel est née à Paris le 5 janvier 1878 au sein d’une famille bourgeoise et catholique. Dès son plus jeune âge, elle souhaite devenir comédienne. Elle adore déclamer des vers, c’est une oratrice de talent, qualité qu’elle met à profit lors ses nombreuses conférences. À 20 ans, elle épouse le sculpteur Henri Godet avec qui elle a trois enfants. Libre penseur, il laisse sa femme se lancer dans le militantisme féministe. Avec son mari, elle devient franc-maçonne et adhère à la loge mixte Le droit humain. Elle s’initie aux idées de Maria Deraismes, célèbre féministe, fréquente Madeleine Pelletier, première femme psychiatre en France et Louise Michel, la communarde anarchiste.

Nelly Roussel, vers 1891 (à gauche) et en 1906 (à droite).

En 1906, à l’Université de Lille, elle prononce un discours qui devient une référence pour le mouvement féministe : « l’Éternelle Sacrifiée » en opposition à l'idée d'éternelle féminin. Dans ce texte qui deviendra un livre, elle considère le mariage sans amour comme de la prostitution. « La jeune bourgeoise qui se marie, ou plutôt se laisse marier, pour se faire une situation avec un monsieur qu’elle connaît à peine, qu’elle n’aimera jamais peut-être ; l’ouvrière qui prend un amant parce que son maigre salaire ne lui permet pas de vivre seule ; et la malheureuse, qui, pour manger le soir même, raccroche dans la rue le premier passant… accomplissent toutes trois à peu près le même geste, auquel nos lois et nos mœurs les condamnent presque inévitablement : elles livrent leur corps à un homme en échange du pain quotidien ! »

Nelly Roussel en 1907, portrait par Henri Manual.

Nelly Roussel propose une émancipation générale des femmes, d’un point de vue juridique d’abord, en supprimant les dispositions du Code civil de 1804 qui font de la femme mariée une mineure au regard du droit. L’article 213 précise : « Le mari doit protection à sa femme, la femme doit obéissance à son mari ». Elle milite pour l’autonomie financière des femmes, l’accès à toutes les professions et l’égalité des salaires. En 1909, elle fonde la Ligue rationaliste pour étendre aux femmes le droit au suffrage universel.

Nelly Roussel et sa fille Mireille Godet (àgauche) et son fils Marcel (à droite) vers 1906.

Elle milite avec son mari à la diffusion des idées néo-malthusiennes, contre l’idéologie nataliste du pouvoir et la loi de 1920 qui réprime la contraception et sa propagande. Elle donne des conférences à travers la France, exaltant la maternité consciente, pourfendant le machisme ambiant. Elle est l’une des premières en Europe à revendiquer publiquement le droit des femmes à disposer de leurs corps et à prôner une politique de contrôle des naissances en autorisant le recours aux contraceptifs et à l’avortement. Elle considère les mères comme des travailleuses effectuant un labeur maternel, ayant par conséquent le droit de grève. Elle prône la « grève des ventres » pour obtenir des droits pour les mères, « ouvrières de vie ».

Les comédiennes de la pièce « Par la révolte » écrite par Nelly Roussel,
publié dans le journal La Fronde le 6 mai 1903.
L'auteur est situé à droite de la photo.

Pendant la Grande Guerre, elle demande aux femmes de refuser de donner des enfants, futures chairs à canon, d’être des machines à enfanter, de « former l’engrais des champs de bataille ». Selon elle, les femmes disposent de deux armes contre la guerre : « le refus d’enfanter la chair à mitraille et le refus d’honorer les guerriers ». Cette idée est directement tirée de la pièce antique d’Aristophane : Lysistrata, dans laquelle l’héroïne déclenche la grève du sexe pour que la guerre contre Sparte cesse enfin. Pacifiste, elle lutte contre ce monstre social qu’est la guerre et qu’elle qualifie de crime. Elle reprend ses idées en 1920 dans La Voix de la Femme : « Faisons la grève, camarades ! La grève des ventres. Plus d'enfants pour le Capitalisme, qui en fait de la chair à travail que l'on exploite. » Nelly Roussel, qui se définissait comme pacifiste, socialiste, malthusienne et féministe, s’est éteinte le 18 décembre 1922, à l’âge de 44 ans.

Nelly Roussel en forêt de Fontainebleau.

Nelly Roussel fit de nombreux séjours aux bornages de la forêt de Fontainebleau où elle venait chaque année de 1898 à sa mort, séjournant à Changis, Montigny, Barbizon et Samoreau. S’adressant à la forêt, elle écrivait :

Tu me remplaces tout, et l’amour et l’étude,
La lutte, le succès et leur enivrement.
Et dans ta magnifique et fière solitude,
Je me sens vivre immensément.
 
La forêt du point de vue Nelly Roussel

Lassitude

Dans les profondeurs caressantes
Des hautres futaies frémissantes
Je conduis, toute languissante,
Mon pas silencieux et lent.

Sur le tapis de feuilles rousses,
Sont posés des coussins de mousses ;
J’y vais dormir, dans l’ombre douce,
Au grand rythme berceur du vent.

Étouffant le bruit de mes pas,
Pour ne point troubler le silence
De tes futaies aux glauques transparences
Le rêve inquiet de mon esprit las.

Et je t’entends me parler bas ;
Je saisis la douce cadence
D’un chant de vie et d’espérance
Mystérieux comme une confidence
Qui m’enlace ainsi que de tendres bras.P

Publié dans l’Informateur de Seine-et-Marne, 29 décembre 1936.

Forêt

O Temple vivant ! Cathédrale
Tour à tour d’émeraude et d’or !
Chaque mois qui passe révèle
Ton sublime et changeant décor.

L’ardeur de la saison brutale
Te donne un charme jeune et fort ;
Mais dans la tristesse automnale
Tu m’apparais plus belle encore.

Je suis ton prêtre, ta vestale,
Dont jamais l’amour ne s’endort,
O Temple vivant ! Cathédrale
Tour à tour d’émeraude et d’or !

Publié dans le Petit Var, 21 août 1934.

Sommeil

Te voilà triste et nue, et sans parure,
O ma forêt ! Sous des spects nouveaux
Je te revois. De ta haute ramure
Tombe, à travers sa fine dentelure,
Un jour blafard d’église sans vitraux.

Rien ne bouge en toi, rien ne semble vivre ;
L’arbre est morne et gris comme le rocher ;
Je sais que tu dors, et pour l’arracher
Au tourment cruel dont mon âme est ivre,
Sur ton grans sommeil je vienne me pencher.

Samoreau, janvier 1921.

Consolation, à la forêt.

Etouffant le bruit de mes pas
Pour ne point troubler le silence
Je porte sous la voûte immense
De tes futaies aux glauques transparences
Le rêve inquiet de mon esprit las.

Et je t’entends me parler bas ;
Je saisis la douce cadence
D’un chant de vie et d’espèrance
Mustérieux comme une confidence
Qui m’enlace ainsi que de tendre bras.

Samoreau, octobre 1921.

La mort d’un garde chasse

Césaire Sampité, âgé de 36 ans, est depuis deux ans le garde forestier en poste au Bas-Bréau, où il demeure avec sa femme. Le dimanche 11 septembre 1887, il est retrouvé mort au carrefour du Mont de Faÿs, atteint par deux décharges de chevrotine. L’enquête montre que son corps a été déplacé, traîné à travers bois pour y être dissimulé dans un buisson. Son fusil et son carnet de garde ont disparu. Quelques jours plus tard, on arrête deux jeunes paysans de la région, qui ont été vus la veille du crime, errant aux alentours de Barbizon. Les autorités relâchent très vite les deux suspects, aucune charge n’ayant été retenue. Le meurtrier ne sera jamais retrouvé. L’émotion, l’incompréhension, le désarroi sont grands dans la communauté forestière. 






Un monument est construit sur les lieux du crime, en souvenir de cet homme lâchement assassiné, un grand chêne est nommé le Sampité, il s'écroulera sous les coups de la tempête du 26 décembre 1999. Cette mort d’un forestier n’est pas la première. L’assassinat du garde Gitton en 1650 et Marthe en 1815, marquèrent aussi les esprits, mais dans ces deux derniers cas, les assassins furent retrouvés. En 1870, les Prussiens, qui venaient d’être attaqués par une bande de francs-tireurs, fusillent le garde-chasse Chauvaud, trouvé en possession de cartouches.


Alexandre-Gabriel Decamps, à l’origine de l’orientalisme.

Le peintre Alexandre-Gabriel Decamps aimait beaucoup la forêt de Fontainebleau qu’il parcourait souvent à cheval. Le 22 août 1860, il suivait la route des Monts Saints-Pères qui contourne le plateau de Belle-Croix, lorsque sa monture s’emporta et le jeta contre un arbre où il se fracassa la tête. Rapporté à son domicile de la rue Saint-Merry, il succomba le soir même. Un rocher de grès gravé marque l'endroit de la chute mortelle.


Né à Paris, le 3 mars 1803, au sein d'une famille bourgeoise, son père l'envoie dès son jeune âge vivre à la campagne, en Picardie, afin de faire « l'apprentissage de la vie rustique ». Le jeune Decamps exaspéré par l'étude de « l'inexorable latin » préfère le « barbouillage ». À la mort de son père en 1816, il retourne à Paris et entre dans l'atelier d'un peintre de scènes d'architecture, Étienne Bouhot. Il poursuit sa formation chez un académicien de renom, Abel de Pujol. Livré à lui-même, « sans direction ni théorie », il quitte déçu l'atelier du maître et s’engage dans une carrière d’artiste indépendant. Loin de l'académisme, il trouve son inspiration dans les faubourgs de Paris, au contact des milieux populaires. Decamps copie les maîtres hollandais au Louvre, vouant une admiration particulière pour Rembrandt, « le plus extraordinaire des peintres ». Il dessine une série de lithographies satiriques et des scènes anecdotiques publiées dans Le Figaro, L'Artiste, et surtout La Caricature, ces dessins se vendent bien chez certains amateurs. 

Alexandre-Gabriel Decamp, 1836.

En 1824, il voyage en Suisse et dans le midi de la France. Il fait sa première apparition au Salon de 1827 et l'année suivante, il se rend en Grèce en compagnie du peintre Louis Garneray. Il poursuit son périple qui le conduit à Constantinople et au Moyen-Orient. De retour à Paris, ses carnets remplis de dessins, Decamps lance la mode de l'orientalisme qui marquera l'art français. Au Salon de 1831, il expose avec succès sept toiles, dont Cadji Bey ou la Patrouille turque, dans laquelle il peint le chef de la police de Smyrne et ses gardes parcourant au pas de charge les rues de la ville. En 1832, prend naissance la Société des 45 à la suite d'un bal masqué au théâtre des Variétés où Decamps et quelques amis portent sur l'épaule ce nombre, choisi au hasard, afin de servir de signe de reconnaissance au milieu de la foule. La Société des 45 a son  blason, sa devise, son mot de passe, inventés par Decamps. Depuis lors, le peintre place ce nombre dans de nombreuses toiles, toujours dans un endroit bien apparent. Au Salon de 1834 et 1835, il assoit définitivement sa réputation « d'inventeur de l'Orient ». En 1835, il voyage en Italie, le « pays des merveilles », où il étudie l'oeuvre de Raphaël et de Titien. À son retour, il entreprend une série de tableaux bibliques dont l'action est campée dans des paysages du Proche-Orient.

« La caravane », vers 1854. Musée du Louvre, Paris.

« La patrouille turc », 1831. Wallace Collection, Londres.

Nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1839, Decamps est un des artistes les plus estimés de son époque. Vers 1853, sa santé se dégrade, il souffre de dépression et son travail s'en ressent. En proie au découragement, il vend son atelier parisien du faubourg Saint-Denis et se retire dans le Lot-et-Garonne. Lors de l'Exposition universelle de 1855, il présente une large rétrospective de son œuvre comprenant une cinquantaine de tableaux, il reçoit la médaille d'honneur en même temps que Delacroix et Ingres. Même s'il ne reçut aucune commande officielle de l'État, ses toiles se retrouvent dans les collections des plus grands notables comme le duc d'Orléans, le baron de Rothschild ou le marquis de Masson. En 1857, il s'établit rue Saint-Merry à Fontainebleau, son « pays d'affection » et se lie d'amitié avec le peintre paysagiste Jules Dupré, proche de Théodore Rousseau. Malheureusement, ses paysages de la forêt de Fontainebleau sont très rares du fait que la maison de Madame Decamps, où elle conservait les oeuvres de son mari, a été détruite par un obus prussien, lors du siège de Paris, en 1870.

 Alexandre-Gabriel Decamp photographié par Augène Disdéri en 1858.

L’écrivain Théophile Gautier compare Decamps, découvreur de la peinture orientaliste, avec Jean-Jacques Rousseau, découvreur de la philosophie de la nature. À l’occasion du Salon de 1845, il écrit : « Un des premiers, il a compris cette préoccupation que l’Orient inspirait à l’Occident. C’est à lui que nous devons d’avoir connu d’autres Turcs que Malek-Adel et le sultan Saladin : il nous a fait voir dans quelques pieds de toile l’azur et le soleil, les faces de bronze aux yeux de diamant noir, les chevaux maigres lançant des regards de feu sous leur crinière éparpillée, le chameau difforme et bizarre, ayant aux genoux des calus comme un dévot ou un courtisan, les palmiers épanouis en main ouverte, les horizons poudroyant de lumière, toute cette nature vivace et chaude dont nous n’avions aucune idée. Que de touristes enthousiastes il a envoyés en Turquie, en Asie-Mineure, en Égypte ! » 

« Le suicide », vers 1836. Walters Art Museum, Baltimore.

« Les singes musiciens », 1836. Musée Antoine Vivenel, Compiègne.

« Le singe peintre », collection privée.

« La Chasse au furet en forêt de Fontainebleau », Musée de la Chasse et de la Nature, Paris.

« Le braconnier », vers 1847. Clark Art Institute, Williamstown.


Au centre de la place Decamps à Fontainebleau se trouve un buste du peintre, œuvre d'Albert-Ernest Carrier-Belleuse, inaugurée le 31 août 1862. Ce monument a été vandalisé en 2012, le buste a été recouvert de peinture rouge, la plaque dédicatoire volée. Depuis, une peinture verte recouvre le buste de bronze, ce qui est bien dommage.

Inauguration du monument Decamps à Fontainebleau, 1862.

L'ancienne sous-préfecture de Fontainebleau.

La place Decamps en 2014.

La grotte Decamps située sur le sentier du Rocher de Bouligny.


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